LETTRE A UN JEUNE ETUDIANT D’ECS2

Un étudiant m’a posé un certain nombre de questions concernant la sociologie qui m’ont semblé pertinentes et qui, en tout cas, méritent réponse. J’ai repris ces questions de mémoire.

- La sociologie est elle pure spéculation ou a-t-elle des applications pratiques ?

- On nous a dit que cela concerne au premier chef les individus et leurs relations. Mais on sait que les individus ne sont pas vraiment prévisibles. Comment faire une science à partir de ces données qui semblent instables ?

- Cette discipline semble confuse et complexe ; qu’en est-il ?

Il y aurait là de quoi écrire plusieurs thèses mais je vais m’astreindre à donner quelques réponses claires, suffisamment précises pour contenter cet étudiant mais suffisamment courtes aussi pour qu’il puisse en prendre connaissance entre les divers travaux qu’il doit rendre dans le cadre de sa préparation.

PURE SPECULATION ?

Dès sa « naissance » au 19ème siècle, sous la plume d’Auguste Comte, la sociologie s’est éloignée notablement de la philosophie sociale. Comte s’opposait alors à la fois aux tenants de la révolution française qui pensaient qu’on pouvait tout mettre à plat pour créer une société meilleure, et aux réactionnaires qui voulaient retourner au monde d’avant 1789. Pour Comte, le changement des sociétés est inéluctable mais on ne peut pas le commander sans en connaitre les processus logiques. Il déclara donc que le rôle de la sociologie est de comprendre les mécanismes par lesquelles les sociétés se transforment.

Un demi siècle, plus tard, Emile Durkheim, vivant dans une société en plein désarroi, marquée par les crises industrielles, les conflits sociaux et des incertitudes sur la république (cf « affaire Dreyfus »), pense que la sociologie a d’abord pour objectif de comprendre comment la cohésion de la société peut se faire. Il poursuivra les ambitions scientifiques d’Auguste Comte en développant l’utilisation des données statistiques (son ouvrage sur « le suicide » reste, à cet égard, célèbre).

Le thème de la « désorganisation sociale » va beaucoup intéresser les sociologues notamment ceux de l’université de Chicago dans les années 1920. Travaillant dans une ville en pleine transformation, marquée par une forte immigration et une délinquance croissante, ils trouveront un terrain de travail idéal. Pour cela, ils n’utiliseront pas principalement les données statistiques mais plutôt « l’observation participante », une forme de plongée dans les groupes que l’on veut analyser.

 

Usage des statistiques, observation participante,…les sociologues ne dédaignent pas non plus la technique des entretiens ou les sondages (une « invention » de psychosociologues et sociologues). Les sociologues peuvent d’ailleurs utiliser toutes ces techniques à la fois, comme Lazarsfeld qui, dans les années 1930, étudie les répercussions du chômage sur un petit village dénommé Marienthal.

On voit ici qu’un des objectifs de la sociologie est la compréhension du monde social mais a-t-elle aussi des perspectives plus « utilitaires » ? Certes, oui. Durant la seconde guerre mondiale, l’administration ou les entrepreneurs n’ont pas hésité à faire appel à des sociologues, psychologues et psychosociologues à des fins pratiques : par exemple, aux Etats-Unis, on a demandé à des chercheurs d’analyser le développement des rumeurs qui, dans les années 1940, sapaient le moral de la population. En 1928, on demanda à Elton Mayo de comprendre comment accroitre la productivité dans une usine de câbles électriques. Lewin développa, dans les années 40, des techniques permettant de persuader les femmes d’acheter des viandes peu coûteuses plutôt que les bons morceaux pour soutenir l’effort de guerre. Plus près de nous, le marketing et le management font usage des résultats de la recherche sociologique. De même, des instruments aussi communs que les CSP ou les sondages d’opinion viennent directement de la sociologie.

LES INDIVIDUS NE SONT PAS PREVISIBLES ?

On voit donc que les intentions de la sociologie ne relèvent pas de la pure méditation philosophique et que les objectifs sont concrets et ambitieux. Mais cela ne règle pas le problème de la prévisibilité, problème qui pourrait également concerner l’économie et l’ensemble des sciences sociales. En effet, on peut se dire qu’aucun individu ne ressemble vraiment à un autre et que chacun réagit en fonction de son caractère, de ses expériences passées,… Comment construire une science sur ce terreau aussi fragile ?

La première réponse nous a été donnée par ceux qu’on pourrait appeler les « sociologues statisticiens » ; il faudrait rappeler l’existence d’Adolphe Quetelet, sociologue oublié et inventeur de la notion « d’homme moyen» mais il faut surtout citer Durkheim. L’idée ici est celle des « grands nombres » que les élèves connaissent bien dans le cas des probabilités : si je lance une pièce de monnaie, il m’est impossible de dire à coup sûr si elle tombera sur pile ou sur face ; tout au plus puis je dire qu’il y a 50% de chances qu’elle tombe sur pile. Mais si je lance 1000 fois cette pièce de monnaie, je peux dire avec une probabilité assez forte qu’elle tombera environ 500 fois sur pile et 500 fois sur face. Il est toujours possible qu’on obtienne 999 piles et 1 fois face mais la probabilité est infime. On peut aussi obtenir 750 fois pile et 250 fois face mais la probabilité est là encore assez faible. En fait , il est possible de dire que nous avons 96% de chances pour que la pièce tombe 500 fois sur pile avec une marge d’erreur de 2,5% ; dit autrement, la probabilité la plus forte (96 chances sur 100) est que le pile sorte entre 487 et 513 fois.

Peut-on appliquer cette loi aux événements humains ? Oui dans une certaine mesure : par exemple, le nombre d’accidents de la route change assez peu d’une année sur l’autre alors qu’il s’agit bien d’événements humains. Il est facile d’expliquer cette situation : d’une année sur l’autre, l’état des routes et la réglementation ne changent, en général, pas notablement. Les accidents de la route seront donc à attribuer à la distraction, aux comportements dangereux et à l’usage de l’alcool ou d’autres substances. A priori, il n’y a pas de raisons pour que ces données changent profondément d’une année sur l’autre et il est donc possible de donner un ordre de grandeur plausible pour l’année prochaine sans grand risque de se tromper. Bien sûr, les résultats peuvent se transformer fortement sur le long terme (nous sommes passés d’environ 15000 décès sur la route en 1972 à moins de 4000 aujourd’hui) mais cela tient à des transformations aisément repérables : amélioration de l’infrastructure routière et des véhicules, mise en place d’une limitation de la vitesse, port obligatoire de la ceinture, répression de l’usage de l’alcool avant la conduite,radars,…On voit donc que l’accident individuel peut dépendre de la personnalité de l’individu (il peut être « risque tout », distrait,...), de son comportement ou d’évènements imprévus mais que sur l’ensemble des accidents, la variable la plus explicative repose sur les conditions extérieures à l’individu (réglementation, état des routes,…). C’est à ce type de problème que Durkheim s’est attaqué dans son ouvrage « Le suicide » : il a voulu montrer que le geste le plus individuel qui soit peut faire l’objet d’une analyse sociologique.

On peut aller plus loin dans l’explication et sérier ces contraintes qui agissent sur l’individu. La première de ces contraintes est son statut. Je ne choquerai personne en disant que bien que nous soyons tous différents, le fait d’être garçon ou fille ou le fait d’avoir 15 ou 60 ans a une influence sur un certain nombre de nos comportements ou de nos idées. Il en est de même pour d’autres données comme notre milieu d’appartenance et notre religion.

En gros, même si chacun réagit à sa manière, il est possible de dire que si on considère, par exemple, les femmes de 50 ans, cadres supérieures, diplômée de l’enseignement supérieur,…on peut déterminer le pourcentage d’entre elles qui a telle ou telle opinion.

Mais cette façon de prendre les choses n’est pas parfaite et connait au moins deux limites : la première est que ces opinions ou ces comportements, stables sur le court terme, peuvent connaitre des variations très fortes sur le long terme. Cela témoigne en général de changements dans la société : ainsi il est possible de suivre l’évolution des croyances et des opinions dans la société française depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui. La deuxième limite est que l’explication ne descend pas au niveau des individus ; on en reste à un niveau très agrégé.

D’autres sociologues ont donc pris une autre direction. On peut penser aux sociologues de Chicago, par exemple, qui ont privilégié l’observation de terrain, technique empruntée aux ethnologues : on peut voir ainsi comment s’organisent des bandes, une vie de quartier,… d’autres, plus proches de la psychologie sociale, ont développé des techniques d’expérimentation (par exemple l’expérience de Milgram). Dans ce dernier cas, il est certain que chaque individu réagit en fonction de paramètres qui lui sont personnels mais comme on contrôle les conditions de l’expérimentation, il est possible de faire varier ces conditions (on fait l’expérimentation avec une personne seule ou en groupe, avec la présence d’un expérimentateur ou non,…) et d’obtenir d’autres résultats. A partir de cela, il est possible de dégager un comportement « moyen » de l’individu face à une situation donnée.

D’autres sociologues adoptent une autre démarche en construisant un « ideal type », c'est-à-dire une image idéalisée de l’individu comme l’homo oeconomicus de façon à en tirer toutes les conséquences logiques.

Mais il faut bien voir que toutes ces techniques ne visent pas à expliquer le comportement d’un individu en particulier mais à saisir les mécanismes sociologiques au sein desquels les individus agissent. Il faut cependant reconnaitre que les explications sont nombreuses et parfois concurrentes.

 

Il se trouve qu’il y a aussi des situations où les individus peuvent réagir de manière irrationnelle mais il semblerait qu’irrationnel ne veuille pas forcément dire « imprévisible ». Ainsi, des psychologues mettent en place des expérimentations permettant de montrer que si les individus font des erreurs (parfois énormes) ces erreurs sont assez systématiques et prévisibles. Par exemple, on peut mettre en évidence l’existence de réactions « passionnelles » suffisamment fréquentes, selon ces psychologues, pour qu’on puisse sans trop se tromper, en prédire l’apparition ; le problème est qu’on constate ces apparitions mais ne les explique pas. D’autres psychologues et sociologues montrent que les hommes font des erreurs systématiques de type perceptif ou « cognitif » (ce qui concerne les moyens et mécanismes d’acquisition des connaissances).

Donc nous sommes incapables de prédire le comportement d’un individu en particulier mais nous pouvons l’expliquer et nous pouvons prévoir avec une certaine probabilité les idées ou le comportement d’un ensemble de personnes appartenant à une catégorie donnée.

Mais cela fonctionne assez bien dans une société qui change relativement peu ; en revanche, nos sociétés sont extrêmement changeantes ce qui oblige à transformer nos outils d’analyse pour les adapter à la nouvelle situation. Ainsi on modifiera régulièrement la grille des catégories socio-professionnelles.

 

 REFUTABLE ? CA VEUT DIRE QUOI ?

Peut-on pour autant parler de « science » ? La sociologie ne serait elle pas qu’un discours ? C’est ce que disent de nombreux commentateurs mais c’est souvent par sous estimation de la sociologie comme science et par surestimation de ce qu’est une science.

Bien souvent, les tenants de ce discours adoptent l’argumentation suivante :

« Une « vraie » science dégage des lois universelles (valables en tout temps et en tous lieux), elles sont exactes et elles permettent de prédire à coup sûr. La sociologie n’atteint aucun de ces trois objectifs donc ce n’est pas une science ». Et comme corollaire, on aboutit souvent à l’idée que tout le monde peut faire de la sociologie.

Nous verrons d’abord que la majorité des sciences n’atteint pas non plus ces trois objectifs

Nous verrons ensuite que la science n’a pas pour vocation de prédire mais seulement d’expliquer et que ce qu’on lui demande c’est d’être « réfutable ».

Fréquemment, on pense qu’une science devrait « prédire » ; si c’était le cas, il n’y aurait pas beaucoup de sciences. En effet, la physique est capable de prévoir en milieu neutre mais beaucoup plus difficilement en milieu ouvert : demandons à un scientifique de faire l’expérience de lâcher du troisième étage une feuille de papier froissée et de déterminer l’endroit exact de la cour où celle ci se posera. On peut faire le pari que sur mille prévisions, il donnera au mieux un résultat juste. Pour quelles raisons ? Parce que le résultat dépendra de la force et de l’inclinaison avec laquelle on a jeté le papier, de la forme du papier lui même (a-t-il été froissé, par exemple ?), de la pression atmosphérique du moment et d’éventuels facteurs extérieurs comme la force des vents au moment du jet.

Pourtant, ces échecs successifs n’empêchent pas les lois physiques d’exister : relatives à la balistique, à la gravitation,… Dans l’idéal il serait d’ailleurs possible de déterminer correctement les résultats en ayant des informations correctes sur les différents paramètres en jeu.

On voit ici clairement que l’incapacité de faire des prévisions en milieu naturel n’invalide absolument pas la prétention à constituer une science.

Les expériences en biologie regorgent de cas où les résultats obtenus n’ont pas correspondu à ce qu’on attendait a priori et c’est bien grâce à ça qu’on a souvent pu avancer. Regardez le cas du clonage : on a cru qu’un clone devrait être la copie conforme (physique, ça va de soit) de l’original puisque le clone et l’orignal partagent les mêmes gènes. Et on se rend compte que les différences entre les deux sont notables.

Quant aux Mathématiques,…que prévoiraient-elles ?

En étant plus concrets nous pourrions aligner les échecs de prévisions : si les prévisions en météorologie ont fait d’incontestables progrès, les limites en sont connues. Mais sait-on en général prévoir une éruption volcanique ? Un tsunami ? Le résultat d’une expérience de clonage ?

La prévision exacte, en dehors des conditions de laboratoire, est plus l’exception que la règle et cela n’empêche pourtant pas la biologie comme la physique ou la chimie d’être des sciences.

Alors qu’est ce qui fait qu’une proposition est scientifique ? Depuis le philosophe Karl Popper on garde l’idée de la « réfutabilité » (ou de la « falsifiabilité ») : un énoncé est dit scientifique s’il est susceptible d’être soumis à une vérification telle qu’il est possible de dire que l’affirmation est fausse.

Par exemple dire « tous les cygnes sont blancs » est scientifique dans la mesure où il est possible de mettre en place une observation permettant de voir qu’il ya des cygnes noirs. De même, « tous les corbeaux sont noirs » est scientifique mais ça ne veut pas dire que l’affirmation est juste ; en revanche, si on observe un corbeau blanc on pourra dire que l’affirmation est fausse (mais l’énoncé reste scientifique). Ce qu’il faut conclure c’est que tant qu’on n’a pas observé de corbeau noirs on ne peut pas dire que l’affirmation est juste mais seulement qu’on n’a pas pu dire qu’elle est fausse.

C’est donc la structure de l’énoncé qui fait son caractère scientifique.

On peut prendre l’exemple suivant en économie : certaines théories économiques prétendent que l’individu adopte un comportement en fonction des coûts et des avantages liés à ce comportement. Ainsi, ces théoriciens prétendent que le chômage vient du fait que les allocations chômage permettent aux chômeurs de rester au chômage et de ne pas chercher d’emplois. Mais d’autres théoriciens estiment que le chômage est du au fait qu’il n’y a pas assez d’emplois (dans ce dernier cas, le niveau des allocations chômage ne change rien au niveau du chômage). Peu importe ici de savoir si cette théorie est vraie ou fausse, elle est énoncée scientifiquement : en effet, les moyens de la réfutation existent. Si on réduit ou supprime les allocations chômage, les chômeurs devraient retrouver un emploi si la première théorie est la bonne. En revanche, leur situation ne changera pas (et même empirera) si la deuxième théorie est la bonne. Nous avons donc ici un énoncé scientifique.

En revanche, le cas suivant ne correspond pas à un énoncé scientifique. Il y a quelques années, la thèse suivante a été soutenue aux Etats-Unis : la différence de QI observée entre blancs et noirs aux Etats-Unis est liée à des « patrimoines génétiques » différents et leur situation sociale différente en découle directement ; il est donc inutile d’entreprendre des politiques sociales en faveur des noirs. (C’est, de manière simplifiée, la conclusion du livre de Richard J. Herrnstein et du politologue Charles Murray dans« The bell curve »). Cette thèse est non seulement moralement très discutable mais elle est aussi énoncée de manière non scientifique. En effet, si on supprime les aides sociales et que cela n’entraine pas de changements dans la situation des noirs, on pourra toujours dire que c’est du à leurs gènes : on voit ici que la thèse est présentée de manière « non réfutable » (il y a bien sûr une probabilité faible que cela améliore la situation des noirs mais alors ce ne serait pas explicable dans les termes donnés et il faudrait élaborer une autre théorie).

REFLEXIVITE

Cependant, les sciences sociales ont une caractéristique qui les distingue nettement de l’ensemble des autres sciences, c’est ce qu’on appelle la « réflexivité ». L’idée est que les individus sont en mesure d’observer ce qui se dit sur eux ou sur la situation et réagissent en conséquence. L’exemple le plus simple est celui de la « prédiction créatrice » ou, par exemple, le simple fait d’annoncer le risque de faillite d’une banque amène les épargnants à retirer leurs dépôts et à provoquer cette faillite. Cela peut d’ailleurs amener à un résultat surprenant qui est que, parfois, les prévisions faites par un très grand nombre de personnes ignorantes semblent meilleures que celles d’un spécialiste simplement parceque leurs erreurs cumulées aboutissent à un résultat non attendu. Par exemple, si pour une raison quelconque un grand nombre de spéculateurs estiment que le cours de l’action A devrait augmenter (même si cela n’est pas économiquement justifié), leurs achats feront augmenter le cours de cette action (c’est ainsi que se forment les bulles).

Cette situation ne se retrouve pas, ou peu, dans les autres sciences : a priori la grenouille ne réagit pas au regard du scientifique. (PS : il existe cependant un cas qui ressemble un peu à cette situation c’est celui dit du « principe d’incertitude » d’Heisenberg où l'observation perturbe la mesure parcequ'elle interagit avec la particule étudiée).

SCIENCE CONFUSE OU SCIENCE COMPLEXE ?

Science complexe sans aucun doute ! Raymond Aron disait que la seule chose sur laquelle deux sociologues peuvent s’entendre c’est qu’il est impossible de définir ce qu’est la sociologie.

S’il faut vraiment trouver un point commun à toutes les approches sociologiques, on peut dire que tous les sociologues s’intéressent aux liens qui lient les individus à la « société » ou les individus entre eux ; on admettra que c’est bien maigre comme définition.

De fait les thèmes qui intéressent les sociologues ainsi que les méthodes de travail sont extrêmement nombreux. Il peut y avoir une sociologie de la consommation, de l’entreprise, de la culture, des medias, de la famille, du travail, des genres,…les méthodes sont tout aussi diverses : il peut s’agir de la confrontation de données statistiques, du développement de modèles a priori, d’exploitation de sondages et d’entretiens, d’observations participantes, d’expérimentations sociales,… En fait, certaines de ces méthodes sont utilisées plus souvent dans d’autres disciplines : ainsi l’économie utilise plus volontiers la technique des modèles que ne le fait la sociologie, la psychologie sociale a un goût certain pour l’expérimentation, l’observation participante provient surtout de l’ethnologie,… Du coup, on voit qu’il n’est pas toujours facile de distinguer la sociologie des disciplines voisines. Mais au fond peu importe pourvu que cela apporte un gain de connaissance et que ce soit fait de manière « réfutable » c'est-à-dire « scientifique ».

Le problème c’est qu’il peut arriver que des sociologues dûment estampillés ne suivent pas ces préceptes minimums. Ainsi, l’astrologue Elizabeth Tessier obtint un doctorat en sociologie très contesté alors que sa thèse ne respectait pas le minimum de ce qui est attendu en matière scientifique. Cette affaire fit beaucoup de mal à la sociologie mais, heureusement, on peut remercier les frères Bogdanoff d’avoir fait l’équivalent en physique théorique et en mathématiques.

 

 

 

 

 

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