L'Apollonide

L'Apollonide - souvenirs de la maison close – Bertrand Bonello-2011.

 Le quotidien des prostituées dans une maison close en 1890-1900.

Le cinéma a toujours aimé présenter les maisons closes « côté scène » : les fêtes, les libations et les rires des « filles de joie », « fille de joie » n’étant en l’occurrence qu’un nom bon pour la scène ; car ce n’est pas le sentiment le plus présent dans ce film. Vue des coulisses, la maison close n’a pas grand-chose de plaisant : les filles y sont, de fait, prisonnières, ne pouvant sortir seules, au risque d’être arrêtées pour racolage, et doivent être accompagnées par « madame » ou par un de leurs clients plus ou moins amoureux d’elles. Prisonnières, aussi et surtout, parcequ’elles sont continuellement endettées vis-à-vis de la tenancière ce qui les lie durablement à la maison. Entre leur soumission sexuelle  au client et leur dépendance économique à leur « employeuse », il ne reste qu’une énorme chaleur au sein du groupe constitué par les filles. Mais dans ce monde, personne n’est vraiment libre : la tenancière n’étant pas propriétaire des murs, est elle-même dépendante de son propriétaire, un notaire local, et finit par fermer la maison. La dernière image du film nous montre les prostituées d’aujourd’hui faisant le trottoir et attendant le client...D’une exploitation l’autre. Le film est donc d’un intérêt évident pour qui veut comprendre un peu de l’histoire des filles de joie qui ne le sont que de nom. C’est un film remarquablement mis en image : le contraste entre les dorures et les velours des salons et la vie réelle en coulisses révèle bien le mensonge de l’amour tarifé.

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