Gilles DOSTALER et Bernard MARIS : CAPITALISME ET PULSION DE MORT - ALBIN MICHEL - 2009

           Entre 1929 et 1930, paraissent deux textes remarquables, « Perspectives économiques pour nos petits enfants » de J.M Keynes et « Malaise dans la civilisation » de S. Freud.

Maris et Dostaler voient une intime parenté chez ces deux auteurs, politiquement centristes- conservateurs mais auteurs de théories radicales,  et proposent une analyse du capitalisme nourrie de la lecture de ces deux textes[1].

            Pour eux, le capitalisme se caractérise par une incapacité à concevoir des limites ce qui le rapproche du comportement infantile.

Mais il faut aller plus loin : chaque individu naît avec une dette de vie à l’égard de ses prédécesseurs, dette qui constitue une source de culpabilité et qu’il essaiera de rembourser par le travail sans plaisir ; mais l’homme ne pourra jamais acquitter cette dette.

Cependant, les hommes dépassent leurs pulsions dans le travail ou l’art, participant ainsi aux progrès de la civilisation et accédant à une forme d’immortalité par leurs œuvres. Mais, pour qui ne peut le faire, l’accumulation d’argent apparaît comme une voie possible pour accéder à cette immortalité, voie en réalité illusoire.

 

La conception keynésienne de la monnaie rompt donc radicalement avec les théories orthodoxes : la fameuse préférence pour la liquidité apparaît avant tout comme un indice de la peur de l’avenir et l’amour irrationnel de l’argent constitue le cœur même du capitalisme.

 

Cet amour irrationnel de l’argent et cette volonté d’accumulation, en faisant miroiter l’illusion de l’immortalité, sont liés à la pulsion de mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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