Steven D. LEVITT et Stephan J. DUBNER / FREAKONOMICS - Folio Actuel - 2005

         

Freakonomics, écrit en collaboration par le journaliste S. J. Dubner et l’économiste S. Levitt , (titulaire de la médaille John Bates Clarke attribuée au meilleur économiste de moins de quarante ans) est, paraît-il,  le livre d’économie le plus lu aux Etats-Unis. Il a été publié en France en 2006  et connaît un succès non négligeable (une recherche Google en français donne plus de  dix mille pages , même en ayant enlevé la plupart des sites de vente en ligne).  

Vous êtes donc en train de lire la mille deux cent dix neuvième note de lecture consacrée à cet ouvrage. Pour quoi alors une note de lecture en plus ?      

Freakonomics est souvent présenté comme l’illustration même de l’essor d’une « nouvelle économie » et parfois comme illustrant l’importance de la démarche microéconomique (voir par exemple l’article Levitt dans Wikipedia) or ces propos sont largement contestables, ce qui n’enlève rien à l’intérêt et aux qualités du livre.

Reconnaissons d’abord que ce livre est écrit de manière légère et agréable , dans la tradition des grands auteurs anglo-saxons (« les principes de Peter » , « Les règle d’or de Parkinson ») qui tranchent agréablement sur l’écriture componctueuse qui domine en France et ce qui le rend accessible à tous publics et aussi, et surtout, à nos élèves.

Mais pour le reste ?

 

Chapitre 1 : Tricher n’est pas jouer.

Le premier chapitre (« Tricher n’est pas jouer »), consacré aux incitations, s’ouvre sur une expérience faite dans des garderies d’enfants montrant que le fait de faire payer une petite amende aux parents venant chercher leurs enfants avec retard avait pour effet d’augmenter ces retards. Par la suite, il s’étend sur le problème de la « triche » en montrant , par exemple, que l’évaluation des résultats d’établissements scolaires à des examens standardisés incitait ceux ci à développer une forme de triche ; il analyse également le phénomène de la triche dans les match de Sumo et montre à travers le cas d’une vente de « bagels » (petits pains) que les individus sont plus enclins à « oublier » de payer leur pain qu’à voler l’argent mis dans une boite. Il fait ici le même constat que Dan Ariely dans « C’est (vraiment) moi qui décide » : que l’argent n’est pas un  simple voile de l’échange mais a une signification en lui même.

   

Chapitre 2 : Le problème de l’asymétrie de l’information

Pour aborder le rôle de l’information dans les affaires humaines, Levitt nous raconte d’abord l’hilarante histoire de J. Brown (et S. Kennedy) qui, pour combattre le Ku Klux Klan qu’il connaît de l’intérieur, décide de dévoiler tous ses codes secrets dans une émission pour enfants diffusée à la radio, privant ainsi le KKK du plaisir de la relation secrète qui fait toute sa force.

Cela permet alors à Levitt d’aborder plus strictement le concept d’asymétrie d’informations  en s’appuyant sur les exemples des ventes d’assurance décès, d’automobiles d’occasion ou de maison. Il montre par exemple que l’agent immobilier qui se présente comme l’intermédiaire du vendeur a tout intérêt à lui faire baisser son prix afin d’accélérer la vente car si la perte sur le prix est importante pour le vendeur , elle est négligeable sur la prime que reçoit l’intermédiaire immobilier. Pour confirmer son intuition, Levitt montre que les maisons dont les agents immobiliers sont propriétaires se vendent 3% plus cher que les autres et que les qualificatifs utilisés pour les vendre ne sont pas les mêmes que pour  la moyenne des maisons (puisque , comme chacun sait, le qualificatif utilisé joue un rôle de « signal » sur les caractéristiques objectives de la maison).

            Ce problème de l’asymétrie de l’information, on le retrouvera également dans les annonces de rencontre sur Internet où les annonceurs sont systématiquement plus grands, plus riches et plus bureaux que la moyenne des américains ; mais les internautes ne sont pas dupes et, comme le montre Levitt, ceux qui ne présentent pas de photos ont beaucoup moins de réponses que les autres. L’auteur en profite pour nous montrer que les critères de séduction ne sont pas les mêmes pour les hommes et pour les femmes.

            Tout naturellement, Levitt en arrive  se poser le problème de la discrimination et le fait de manière originale en observant le déroulement d’un jeu télévisé connu en France sous le nom de « maillon faible », jeu où les participants doivent s’exclure mutuellement au cours de la partie. Levitt remarque que les noirs et les femmes ne sont pas plus discriminés que les autres (sans doute, pense-t-il, parceque cette discrimination serait trop voyante et trop facilement condamnable) ; en revanche, il remarque que la discrimination touche surtout les hispaniques et les vieux ; la discrimination des premiers s’expliquerait par le fait qu’on les soupçonne d’être moins instruits et compétents que la moyenne ; dans ce cas, le simple fait d’être hispanique serait un « signal »  quant aux compétences supposées de l’individu (on est bien dans le cadre de l’asymétrie d’informations). Quant à la discrimination portant sur les vieux, il s’agirait d’un cas de « discrimination pure » : on ne veut tout simplement pas d’eux !

 

Chapitre 3 : Pourquoi les dealers vivent-ils encore chez leur maman ?

C’est un des chapitres qui a le plus marqué les lecteurs. Il ne s’agit pas d’une recherche de Levitt lui même mais de la reprise d’une enquête de terrain faite par un sociologue, Venkatesh, sur un gang de noirs vendant du crack (Venkatesh vient de publier son propre livre présentant cette enquête : « Gang leader, dans la peau d’un chef de gang » - Ed.Scali – Parution en Novembre 2008). L’observation participante que mène Venkatesh permet de voir comment est constitué ce gang (à l’instar d’une entreprise capitaliste nous dit Levitt : voilà qui ferait sauter au plafond nos amis de l’IDE). Le chercheur approfondit ensuite son travail à l’aide des livres de compte que tient le leader du gang ; cela lui permet de voir que si le leader bénéficie d’un train de vie élevé, être un simple participant au gang ne permet pas de bien vivre, ce qui explique que les dealers sont obligés de rester chez leur mère. Donc, tous restent dans le gang car ils sont soutenus par l’espoir d’y obtenir une position élevée et lucrative mais cela entretient une contradiction dans le fonctionnement du gang : les leaders ont besoin qu’il existe une paix entre les différent gangs car celle ci est nécessaire au bon fonctionnement du commerce (les bagarres et les coups de feu font fuir les clients) mais les « sous-fifres » sont dans l’obligation de se faire remarquer s’ils veulent monter dans la hiérarchie du gang et ils sont donc tentés de faire le coup de feu.

 

Chapitre 4 : Où sont passés les criminels ?

Le chapitre phare du livre, celui qui a fait couler le plus d’encre ! Levitt s’interroge sur la baisse inattendue de la criminalité que l’on observe aux Etats-Unis dans les années 90 ; il passe donc en revue les diverses explications qui ont été avancées, démontre que certaines n’ont aucune valeur et que d’autres n’expliquent qu’une faible part de cette baisse. L’explication qu’il propose est assez subtile : un arrêté du 22 janvier 1973 aurait permis d’étendre la législation de l’interruption volontaire de grossesse à l’ensemble du territoire et, surtout, aurait permis aux femmes les plus en difficulté de la pratiquer, c’est à dire principalement les mères célibataires et les femmes en situation précaire sur le marché du travail. Or, nous dit Levitt, ces deux critères sont ceux qui sont le plus corrélés à la criminalité. En d’autres termes si la criminalité a baissé dans les années 90, c’est que les futurs criminels ne sont pas nés. Il en conclut , de manière provocatrice, que ce choix d’avorter est au bénéfice global de la société (et utilise pour cela des démarches d’économistes qui choquent les  non économistes) et, finalement, il en arrive à une déclaration de foi libérale sur le fait que les femmes sont les mieux à même de savoir si elles doivent avorter et que leur décision individuelle se fera au plus grand bénéfice du collectif.

 

On peut se douter du scandale que ces propositions ont provoqué aux Etats-Unis. Pour nous, la question n’est pas là : ce chapitre est une très belle occasion de présenter de manière très concrète les différences entre corrélation et causalité et la difficulté qu’il y a à faire apparaître ces dernières. Pédagogiquement, c’est remarquable.

 

 Chapitre 5 Qu’est ce qu’un parent idéal ?

Ce chapitre est assez éclectique mais porte sur la relation « parent-enfant ». Levitt montre par exemple que les parents, soucieux de protéger leurs enfants, ne feront pas toujours des choix parfaitement rationnels, refusant par exemple de laisser leur enfant  aller chez un copain dont le père possède des armes à feu mais leur permettant d’aller dans une maison avec piscine alors que les risques de décès sont plus grands dans le second cas. Il résume cette démarche par l’équation : Risque = Danger + Effroi, montrant que les deux n’ont pas le même poids  (« Quand le danger est faible et l’effroi important, le risque est surestimé. Quand le danger est important et l’effroi faible, le risque est sous-estimé »). Il reprend au passage le « principe de contrôle » bien connu des psychologues qui explique que l’on craint moins un danger que l’on pense contrôler (ce qui explique qu’on a moins peur de la voiture que de prendre l’avion, par exemple).

Il se pose ensuite la question de l’importance de l’influence des parents et de leur éducation sur la réussite des élèves. Passons sur le fait qu’il attribue la réussite  pour 50% à une influence génétique, tranchant bien légèrement une question complexe (et qui, posée ainsi, n’a aucun sens), ce qui montre qu’on peut être titulaire de la médaille Bates et se laisser berner par des idées simplistes dans des domaines qui ne sont pas les nôtres. Il s’appuie ensuite sur le livre de Mrs J. R. Harris mettant en avant l’idée que l’influence des pairs serait plus forte que l’influence des parents (on en revient à l’idée des « mauvaises fréquentations »).

Il s’attache enfin au problème de la réussite scolaire et prend pour base de travail une réforme « désectorisant »  les écoles de Chicago et établissant le recrutement des élèves à partir d’un tirage au sort, situation évidemment idéale pour un chercheur. Il en conclut que le fait de changer d’établissement (aller dans un meilleur ou un plus mauvais établissement que l’établissement d’origine) n’a aucun effet sur la réussite scolaire de l’enfant sauf dans le cas de l’enseignement technique et professionnel. Il passe ensuite en revue un grand nombre de corrélations entre la réussite scolaire et le lei d’habitation ou le milieu social,…, et faisant encore une fois preuve d’une naïveté confondante à l’égard du rôle des gènes et il en conclut que si les parents ont une influence sur leurs enfants ce n’est pas par ce qu’ils font mais par ce qu’ils sont.

 

Chapitre 6 Peut-on s’appeler Loser et réussi dans la vie ?            

Levitt s’intéresse ensuite à la relation existant entre le prénom et la réussite sociale. Il remarque d’abord que depuis les années 1970, il y a une distinction de plus en plus marquée entre les prénoms donnés dans la communauté noire et ceux donnés chez les blancs. Il y voit à la fois l’influence du Black Power des années 60 et la volonté des parents de donner un signal à leur communauté en exhibant un prénom « spécifiquement noir » pour leur enfant.

Cette spécificité des « prénoms noirs » permet, par des pratiques de « testing » sur des CV, de montrer qu’il existe une discrimination à l’embauche liée au prénom mais on ne peut pas dire si cette discrimination repose sur des préjugés racistes ou sur le fait que le prénom est implicitement lié à un critère spécifique, comme le quartier d’habitation par exemple.

Par ailleurs, Levitt montre qu’il est possible de corréler le prénom à la réussite scolaire par l’intermédiaire du niveau de diplôme du revenu de la mère.

Il suggère ensuite que les prénoms connaissent des phénomènes de mode, montre qu’il existe un lien étroit entre choix des prénoms et milieu social et enfin qu’il y a une  diffusion verticale des prénoms au sein de la hiérarchie sociale. Il termine ce chapitre par le fait que les choix de prénoms tendent à se diversifier et que leur rotation est de plus en pus rapide.

 

COMMENTAIRES.

 

            Disons le nettement : ce livre mérite son succès et, malgré certaines outrances, peut être utilement utilisé en cours (ainsi que l’ouvrage de Dan Ariely). Mais la question qui m’intéresse n’est pas là : on nous présente ce livre comme l’illustration du dynamisme et des capacités d’innovation de la science économique. C’est ce que je me propose d’examiner.

 

Les deux premiers chapitres sont clairement « d’essence économique » puisqu’ils s’appuient sur deux concepts centraux en économie (incitations et asymétrie de l’information) : Levitt indique d’ailleurs que, pour lui, « l’économie est l’étude des incitations ». Cependant, on peut constater qu’il ne dédaigne pas se servir des résultats de travaux faits par des psychologues (dans le cadre de « l’économie expérimentale » nous sommes habitués à ce fait), tout autant que de travaux d’économistes (sur Enron ou l’immobilier) ou d’observations que ne dédaignerait pas un sociologue (sur le jeu « le maillon faible »). Rappelons au passage que l’analyse des interactions sur le marché immobilier constitue un des chapitres les plus intéressants des « Structures sociales de l’économie » de Pierre Bourdieu ; il y aurait là un couplage intéressant à faire. Rappelons également que l’étude de l’information n’est pas l’apanage des économistes et qu’on peut utilement étudier les travaux de l’Ecole de Palo-Alto. Enfin, l’analyse « micro » qui sous-tend ces chapitres n’est pas l’apanage des économistes : à ceux qui aimeront Freakonomics, on peut conseiller un vieux livre d’Abraham Moles, « Micropsychologie de la vie quotidienne ».

 

            Le chapitre 3 (« Pourquoi les dealers vivent ils encore chez leur maman ? ») s’appuie entièrement sur un travail sociologique qui s’inscrit nettement dans la lignée de l’Ecole de Chicago (L’école de Chicago en sociologie, pas en économie) : on y retrouvera notamment le recours à l’observation participante et l’analyse des livres de comptes du dealer, bien loin  de renvoyer aux usages des économistes, s’inscrit dans les méthodes utilisés dans « Le paysan polonais » de Thomas et Znaniecki. De plus, les descriptions faites du fonctionnement  du gang ne sont pas sans rappeler les travaux de Whyte dans « Street Corner Society ».

 

Le chapitre 4 (« Où sont passés les criminels ? ») est savoureux et a souvent été présenté comme la preuve que la science économique ne se définit pas par ses objets d’étude mais par son approche. C’est effectivement un objet d’étude qui est traditionnellement pris en charge par la sociologie mais rien n’interdit les économistes de s'en occuper, notamment en utilisant les outils de la microéconomie. Qu’en est-il ici ? Levitt utilise la bonne vieille méthodes des corrélations statistiques, c’est à dire que, bien loin d’être « beckerien » (Gary pas Howard), il est tout simplement Durkheimien (dans la veine du « Suicide ») ; cependant, son originalité est de chercher des corrélations entre des phénomènes distants de plus de trente ans. Cela a-t-il déjà été fait ? Sûrement : on peut penser par exemple aux travaux d’Hervé Lebras (démographe) et  Emmanuel Todd (historien) sur « l’invention de la France ».

Cependant, Levitt aurait pu approfondir son analyse et, dans une perspective weberienne, essayer de mettre au clair les processus de décisions qui animent les mères en question. Il n’en fait rien , se contentant de dire qu’il est clair qu’elles font au mieux. Bref, nous avons une profession de foi libérale fondée sur une démarche durkheimienne.

            Dans le chapitre 5 (« Qu’est ce qu’un parent idéal ? ») il utilise des concepts psychologiques (« contrôle de la situation » ou « locus contrôl ») et aborde un problème tout à fait classique pour des sociologues (le lien entre origine sociale et réussite scolaire) avec des outils qui ne sont pas spécifiquement ceux des économistes.

Enfin, dans le chapitre 6 (« Peut on s’appeler Loser et réussir dans la vie ? »), il s’intéresse au lien entre prénom et réussite sociale à l’aide de corrélations statistiques et de testing. Par ailleurs, il développe quelques pages sur l’analyse des prénoms qui n’apprennent rien aux apprentis sociologues qui ont lu les textes de Besnard (sociologue) et Desplanques (Démographe) ou aux futurs parents qui ont acheté leur best-seller , « Un prénom pour toujours ».

 

Que tirer de cet ouvrage ?

            Premièrement, il faut absolument alerter messieurs Gattaz et Pebereau, l’Institut de l’Entreprise, le Figaro et le Echos. Voilà un ouvrage, best-seller aux Etats-Unis, vendu dans toutes les Fnacs de France, à la portée de tous et surtout des élèves les plus jeunes, un ouvrage qui justifie l’avortement, s’intéresse au deal de Crack comme à un marché et compare la structure d’un gang à une entreprise capitaliste. Nos gentils concepteurs de manuels sont bien dépassés (et si vous êtes sages, je vous raconterais ce que Dan Ariely est capable de faire).

            Deuxièmement, et plus sérieusement, cet ouvrage n’apporte absolument pas tout ce qu’on dit de lui…en tout cas, il n’ y a aucune révolution.

Certes, Levitt nous montre que la science économique peut s’intéresser à n’importe quel objet (la criminalité, la réussite scolaire,…) et qu’elle ne se définit pas par son objet mais par son « regard ». Le problème c’est que l’essentiel des apports de ce livre (et l’essentiel de ce livre) ne sont pas le fait d’économistes mais de sociologues ou de psychologues ou, quand ils sont le fait de Levitt, il n’hésite pas à reprendre la vieille tradition sociologique durkheimienne. Seuls les deux premiers chapitres correspondent vraiment à cette présentation et seuls les deux premiers chapitres ont clairement une démarche microéconomique (Désolé mais il n’y a rien de « micro » dans le chapitre intitulé « Où sont passés les criminels ? »). Par ailleurs, on ne retrouve pas la démarche spécifiquement déductive que l’on avait chez un Olson par exemple lorsqu’il analyse l’action collective. Chez ce dernier, les choses étaient claires : il démarrait d’un modèle bien précis (homo rationnel,…) et en déduisait toutes les conséquences possibles d’un point de vue théorique ; son apport d’économiste à un problème traditionnellement étudié par la sociologie est incontestable. Rien de cela dans le premier chapitre du livre de Levi qui ,s’il a bien un modèle en tête, démarre de cas pratiques.

            Au fond, Freakonomics n’a rien de révolutionnaire si ce n’est pour les économistes qui ne seraient jamais allés visiter les autres régions des sciences sociales.

            En bref, ce n’est donc ni l’objet d’étude ni la démarche qui font de freakonomics un ouvrage d’économie. Nous sommes bien obligés de nous rabattre sur le fait que Levitt est économiste parceque ses pairs et l’Institution le reconnaissent comme économiste (a contrario, on peut se demander pourquoi E.T. Hall n’est jamais reconnu comme sociologue).

 

            Finalement, nous avons un économiste, reconnu par tous comme économiste, qui s’intéresse à toutes sortes d’énigmes du quotidien, s’attaque à des « problèmes » (« pourquoi les dealers vivent-ils chez leur maman ? ») qui sont aussi des objets (« La criminalité »). Pour cela il fait feu de tout bois , utilisant aussi bien les apports des économistes que des sociologues ou des psychologues (avec des risques d’erreur inévitable comme dans sa perception du rôle des gènes). Il se moque bien de savoir s’il fait de l’inductif ou de l’hypothético-déductif pourvu que « ça fonctionne » ! Et s’il connaît les différences disciplinaires, c’est pour mieux savoir les utiliser en même temps dans l’analyse d’un problème.

Finalement, si j’aime cet ouvrage c’est parce que Levitt possède un véritable sens de la pédagogie, qu’il essaie d’éveiller à un certain regard en montrant que le plus petit des évènements quotidiens est digne d’être étudié et qu’il est capable de mobiliser les données tirées de toutes sortes de sciences sociales. Et au fond, je me demande s’il ne se fout pas complètement de savoir s’il est économiste ou sociologue.

 

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