NECESSAIRE PLURIDISCIPLINARITE EN S.E.S.

FICTION

COMMENTAIRE

            Ce texte est utilisé en début de première. Son objectif avoué est de montrer aux élèves qu’ils doivent utiliser l’ensemble des disciplines qui leur sont proposées et qu’on ne peut faire de sciences sociales sans avoir une culture « d’honnête homme ». C’est également une manière de valoriser la discipline, la filière et les élèves.

            Bien sûr, des questions comme la numéro 4 (sur le PER) sont totalement hors programme mais on peut expliquer simplement que la cours de l’action devrait normalement dépendre du niveau des bénéfices.

 

 

            Les années 2006-2010 furent des années d'intense enrichissement. La croissance économique fut forte, entraînant une croissance des gains de productivité et de l'emploi. Les français virent leur niveau de vie augmenter et eurent des possibilités d'épargne et de placements jamais vues.

            Depuis déjà dix ans, le secteur le plus prometteur était celui de la génétique. Certains le présentaient comme un secteur moteur qui pourrait entraîner une Révolution Industrielle comme l'avaient fait, chacun à son époque, le métier à tisser, la machine à vapeur, le chemin de fer ou l'informatique.

            Placer ses capitaux dans des sociétés par action travaillant dans le domaine de la génétique semblait donc judicieux. Vues les perspectives de profit possibles, on pouvait s’attendre à des dividendes importants. Monsieur A. D. décida donc d’opérer des placements dans plusieurs entreprises : une dont l’activité était tournée vers la recherche de gènes liés à  diverses pathologies, une autre portait son effort vers la production de médicaments génétiques ; une troisième travaillait spécifiquement sur l’alimentation. Cette dernière lui semblait particulièrement intéressante : en effet, l’accroissement du nombre d’obèses dans les sociétés modernes poserait des problèmes majeurs dans les années à venir. Pour lutter contre l’obésité, il fallait inciter les individus à changer de mode de vie (moins de « sofa potatos », plus de marche à pied) et de mode d’alimentation. De plus, d’après certains chercheurs, certaines formes d’obésité ont peut être des fondements génétiques.

            Quels placements faire ? Monsieur A.D. avait commencé à s’intéresser à la finance et compris ce qu’était le P.E.R. (price earning ratio) : l’évolution du cours d’une action doit, normalement, être proportionnel à l’évolution des dividendes versés par l’entreprise et donc de ses bénéfices. Ainsi, si le dividende versé est de 1 euro pour une action valant 100 euros, on peut s’attendre à ce que le cours de l’action ne dépasse pas 130 euros quand le dividende augmente de 30%. Ce résultat, c’est ce qu’une analyse logique et mathématique laisse espérer. Pourtant, il s’aperçut que, bien souvent, le cours de l’action dépassait, et de loin, le niveau maximum qu’il aurait du atteindre. Comment expliquer que le cours de l’action soit trois fois, voire quatre fois, plus élevé que ce qu’il aurait dû être ? Il n’avait pas suffisamment de connaissances en économie pour résoudre ce problème (mais nous verrons ici que l’économie ne suffit pas) mais il se souvenait avoir lu, dans sa jeunesse, un roman traitant de ce sujet. Après avoir fouillé dans sa bibliothèque, il retrouva « l’argent » d’Emile Zola. Ce livre traite d’un thème réel, la faillite en chaîne d’un grand nombre d’actionnaires  à la suite d’une spéculation déraisonnable. En replongeant dans ses manuels d’Histoire de lycée, A.D. découvrit que cette situation s’était régulièrement répétée dans l’Histoire (régulièrement au cours du 19ème siècle mais aussi en  1929, 187, 1997, 2000,…). A chaque fois, il semblait y avoir un engouement collectif, un phénomène de mode,…incitant les individus à s’imiter les uns les autres et amenant les cours des actions à des niveaux inconsidérés.

            Il était donc évident que, pour ses placements, A.D. devait se méfier des « on-dit » et des rumeurs et qu’il devait obtenir des informations fiables. D’abord, les promesses que faisaient les entreprises étaient elles, à long terme, plausibles ? Pouvait on vraiment espérer des progrès dans

La thérapie génétique ou la lutte contre l’obésité ? Un des ses amis, professeur de biologie, lui a alors expliqué que dans le domaine de la génétique on raconte tout et, parfois, n’importe quoi, notamment dans certains medias et, surtout, dans les discussions entre amis. Certes, certaines pathologies sont d’origine génétique et on est en passe de trouver les moyens de les combattre ; c’est le cas de la « chorée de Hungtinton » par exemple. Dans d’autres cas, l’origine génétique ne fait aucun doute mais on est loin d’avoir trouvé le moyen de combattre la maladie. Mais, lui avait dit son ami, les journaux fourmillent de propos excessifs, abusifs, déformant la réalité. Ainsi, une équipe américaine avait découvert en 1999 l’existence d’une substance chez la souris qui améliorait ses capacités de mémorisation à long terme. Au lieu de se contenter de cette information, beaucoup de journaux avaient titré sur le « gène de l’intelligence ». Or, l’intelligence est un concept complexe (qu’on ne sait d’ailleurs pas définir) qui relève au moins autant de l’éducation et de la socialisation que de la biologie.

            Donc, pour se tenir au courant de la réalité des avancées scientifiques, il vaut mieux avoir un minimum de bases en biologie et se renseigner auprès de sources assez fiables comme des revues scientifiques et certains sites internet. Plus il se tint au courant des avancées scientifiques réelles et plus il se rendit compte que les français étaient beaucoup moins rationnels qu’il ne le pensait : les croyances non fondées, la « pensée magique », se diffusaient aisément dans la population, notamment par le canal des rumeurs. De ce point de vue, les sociétés modernes sont parfois peu différentes des sociétés traditionnelles. Dans les deux cas, il y a coexistence de croyances peu fondées et de connaissances beaucoup plus vérifiables. Ainsi de nombreuses tribus traditionnelles connaissent les vertus thérapeutiques de telle ou telle plante, ce qui intéresse d’ailleurs des laboratoires pharmaceutiques prêts à rechercher les propriétés de ces plantes afin d’en tirer des applications.

 

Questions :

1) Définissez les termes « croissance économique », et « gains de productivité ».

2) Quels liens peur il y avoir entre les gains de productivité et ‘évolution des revenus ?

3) Qu’est ce que la révolution industrielle ?

4) Qu’est ce que le PER ?

5) Après avoir expliqué en quoi consiste les disciplines suivantes, vous montrerez à quels moments A.D. est amené à y faire référence ou à les utiliser : Histoire, Français, Anglais, économie, sociologie, psychologie, psychologie sociale, ethnologie, mathématiques,  biologie.

6) Montrez en quoi chacune des disciplines enseignées en première vous sera utile pour faire des analyses économiques ou sociales.

 

 

 

 

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