LES DETERMINANTS DE L'INVESTISSEMENT

LES DETERMINANTS DE L'INVESTISSEMENT

            "Imaginez le cas d'un vendeur de disques confronté à un éventuel agrandissement de son magasin. Pour pouvoir exposer ses CD, il dispose de quatre bacs, chaque bac contenant 100 CD et il en a 4 (il a donc une capacité de ventes de 400 CD). Supposons ensuite qu'il se pose la question de l'opportunité d'un investissement qui consisterait en l'achat d'un cinquième bac permettant de contenir 100CD.

            Quelles sont les questions qu'il doit se poser?

 

Il doit d'abord se demander s'il aura bien l'usage de ce cinquième bac; le cas ne se présentera pas de la même manière s'il vend 350 CD et pense que la vente passera à 550 CD ou s'il pense qu'elle passera à 390 CD.

 

Supposons que sa prévision de ventes soit effectivement bonne, rien ne dit que les ventes prévues soient effectivement rentables : si, par exemple, les prévisions de vente passent de 350 à 420 CD et qu'il fait habituellement un bénéfice de 1,50 Euros par CD (chaque CD étant vendu 15 Euros), sa marge est bien de 10 % mais combien lui aura coûté l'achat d'un nouveau bac? De plus, l'augmentation de CD sera-t-elle éphémère ou bien peut on espérer qu'elle se maintienne durablement?

 

A supposer qu'il achète le bac, il lui faudra peut être emprunter les capitaux nécessaires, mais pourra-t-il faire la même chose si les taux d'intérêt sont de 5%, 10% ou 15%? On peut supposer que si le taux d’intérêt est de 15%, il renoncera à investir. Plutôt qu’emprunter, il peut peut-être utiliser les bénéfices faits au cours des mois précédents pour acquérir ce fameux bac. Mais là aussi réside un dilemme : est-il judicieux de faire cet investissement pour une vente hypothétique de CD alors qu'il pourrait se contenter de placer dès maintenant à 15% avec une garantie de ce qu'il recevra?

            On voit qu'il y a loin de la coupe aux lèvres et loin de la possibilité d'investir à l'investissement lui même.

 

Questions :

            On dit en général qu'un investissement dépend des données suivantes (appelés aussi "déterminants"): 1-demande 2-demande anticipée 3-autofinancement et profits passés 4-Profits attendus 5-taux d'intérêt 6- capacités de production.

1) Vous rechercherez dans ce texte les différents moments où on retrouve ces déterminants. Vous indiquerez, lorsque ce sera possible, si le déterminant relève plutôt d'une logique keynésienne ou plutôt d'une logique néo-classique.

 

            L'exemple précédent est un peu trop simplifié dans la mesure où il prend en compte une activité de commerce et non de production et, surtout, parce qu'il est micro-économique et non macro-économique. Plaçons nous maintenant au niveau de l'ensemble des producteurs d'une économie. La situation va se compliquer du fait des nombreuses interactions qui vont avoir lieu entre producteurs et entre producteurs et consommateurs. Par exemple, la question du salaire et du coût salarial peut être cruciale. Une augmentation de salaires peut avoir de nombreux effets opposés. En effet, si l'augmentation de salaires réduit le profit du producteur, celui-ci peut être dissuadé d'investir. Mais si, pour diverses raisons, il est dans l'obligation d'accroître sa production, il aura peut être le choix entre acheter des outils performants (robotiser par exemple) ou embaucher sans moderniser ses techniques de production. Dans le cas où le salaire augmente il est possible qu'il préfère investir plutôt qu'embaucher (l'embauche coûtant trop cher). Cependant, le salaire n'est pas seulement un coût de production mais aussi un élément de la demande. Dans ce cas, il est possible qu'à terme une augmentation des salaires entraîne une augmentation de la demande, de l'investissement et de la production.

            Mais la transformation du salaire en consommation reste problématique. En effet, il ya deux usages possibles du salaire, la consommation et l'épargne. Cette épargne peut être thésaurisée mais peut également être placée (placement à vue, bons du trésor, obligations actions). Dans le cas d'une thésaurisation, il est clair que la demande s'en ressentira et donc la production et l'investissement. Mais dans le cas d'un placement? Deux possibilités se présentent : si l'épargne placée est reprêtée ou replacée (dans le cas des actions) auprès des entreprises, cela leur donnera des moyens financiers pour investir. Seulement, l'épargne aura deux effets contradictoires : d'un côté elle participe à la baisse de la demande et donc réduit l'investissement, de l'autre elle permet aux autres de se refinancer et donc facilite l'investissement.

            Cependant il reste le cas où l'épargne sert à la spéculation, par exemple à l'achat d'actions d'une entreprise à des particuliers dans le but de faire une plus value. Dans ce cas l'épargne ne profite pas à l'entreprise (elle n'a récupéré de capitaux que lors de la première émission d'actions) mais participe au développement d'une hausse continue du cours des actions. Ces perspectives de plus value peuvent elles mêmes inciter les entrepreneurs à préférer la spéculation à l'investissement productif.

 

Questions :

            2) Pourquoi la perspective microéconomique du premier texte est elle insuffisante pour analyser les problèmes liés à l'investissement?

            3) Vous ferez un schéma récapitulant les différentes conséquences d'une augmentation de salaire sur l'investissement. Vous indiquerez, quand c'est possible, si l'enchaînement décrit relève d'une optique néo-classique ou keynésienne.

            4) Vous ferez un schéma représentant les liens existant entre l'épargne et l'investissement (en intégrant si possible les évolutions des taux d'intérêt). Indiquez encore s'il s'agit d'une optique néo-classique ou keynésienne.

 

 

 

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