N. BELMONT : PAROLES PAÏENNES - MYTHES ET FOLKLORE - Ed. Imago - 1986

                         

INTRODUCTION.

Le mythe est un récit sacré, objet de croyance, transmis religieusement de génération en génération ou bien "une construction de l'esprit qui ne repose pas sur un fond de réalité" (Larousse).

Le folklore est le "savoir du peuple".(W. Thoms).

 Pour R. Barthes, le mythe est avant tout une parole et est donc affaire de langage; le mythe est un "métalangage" parcequ'il est une seconde langue dans laquelle on parle de la première. Cependant les exemples utilisés par Barthes ne sont pas de mythes au sens ethnologique du terme.

Rapports entre mythes et idéologie :

Il y a des ressemblances dans leur mécanisme. Dans les deux cas on ne peut pas retenir l'hypothèse d'une création individuelle dont le peuple serait absent mais on ne peut pas retenir non plus l'hypothèse d'une création populaire. La création est individuelle mais ne subsistent que les formes qui ont pour la communauté un caractère fonctionnel. Cependant l'idéologie a une spécificité politique, même si sa fonction est souvent proche de celle du mythe. De plus, on constate un rapport dialectique entre mythe et idéologie (le mythe du bon peuple a un rapport avec l'idéologie).

                       

CHAPITRE I : LA VERITE DE LA FABLE.

A) Aux 17è et 18è siècles on distingue la fable de la mythologie : la première est "l'ensemble des notions reçues, touchant les divinités du paganisme". Fournissant des matériaux à la poésie et aux arts, et n'étant qu'une forme de divertissement, elle est une connaissance obligée de l'honnête homme". En revanche la mythologie, qui est la science qui permet l'interprétation des fables, elle, est déconseillée. 

 B) Deux courants d'analyse dominent à l'époque :

            + Un courant conforme à l'orthodoxie religieuse qui veut qu'à l'origine ait régné le monothéisme; mais on assiste à un dérapage vers le polythéisme, certains donnant un caractère de divinités aux éléments naturels.

            + Le second courant, d'inspiration libertine, est caractérisé par de Fontenelle, dans "De l'origine des fables": il retient plusieurs explications à la formation des fables :

                        + + Le besoin de merveilleux des hommes.

                        + + Le besoin de connaissance des hommes : les fables, comme les mythes, donnent des explications (fausses, d'après De Fontenelle, et propres aux "barbares") aux faits quotidiens.

                        + + Il suggère, sans la développer, une explication linguistique : les histoires fantastiques viendraient des erreurs de traduction quand le récit passe d'un peuple à un autre.

Pour De Fontenelle la fable mérite d'être étudié car elle est une histoire de l'esprit humain et de ses erreurs.

 C) Au 18è siècle l'étude des fables et des mythes est le fait, en France, de la philosophie des lumières. En revanche, dans le reste de l'Europe se développe un mouvement "pré-romantique" dont la figure marquante est l'allemand J.G. Herder (1744 - 1803). Son analyse est l'antithèse des approches rationalistes des lumières. Pour lui, il n'est pas vrai que le devenir de l'humanité soit lié aux progrès de la Raison; au contraire les fables sont la traduction de l'esprit des peuples, chaque peuple étant une individualité culturelle. De plus, la créativité est le fait du peuple lui même et non des individus. De ce fait, le critère du vrai et du faux, retenu par les rationalistes, n'est pas pertinent dans le cas des mythes; un mythe n'est ni vrai ni faux, il est la traduction de l'esprit du peuple.

Cependant, cette réaction face à la philosophie des lumières avait eu des antécédents, en Angleterre, avec le faux du barde d'Ossian (1760) et avec un recueil de ballades populaires (arrangées) par Th. Percy, ainsi qu'en Suisse avec des écrivains exaltant le peuple suisse.

On trouve dans ces divrses sources des préalables à la recherche ethnographique.

 

                        CHAPITRE II :L'INVENTION DES CONTES POPULAIRES :

                         JACOB (1785 - 1863)  ET WILHELM GRIMM ( 1786-1859).

 

Les frères Grimm vont distinguer "la poésie de nature" d'origine collective (contes, légendes, mythes,...) de la "poésie d'art" qui est une création individuelle. Sous ce terme on retrouve le mythe, la légende, la poésie épique, le chant populaire, le conte : tous ces genres différents participent tous de la nature du mythe.

A) L'utilisation des contes avant les Grimm.

            Il n'y a que peu d'exemples d'utilisation des contes antérieure aux frères Grimm :

1) Le premier exemple, symbolisé par "Les histoires ou contes du temps passé" de Mlle Lhéritier inaugure une mode limitée aux salons littéraires où toutes sortes de matériaux (mythes grecs, traditions orales, inspiration orientale des mille et une nuits,...) sont destinés à construire des histoires visant à la parodie et à l'amusement. Ce qui fera perdre un siècle à la recherche en France.

2) Cependant il faut faire une place à part à Ch. Perrault qui saura transcrire avec qualité  des éléments de la tradition orale. Mais aucun de ces travaux ne peut être considéré comme équivalent à ce qu'on fait le frères Grimm.

 

B)

1)         L'analyse des frères Grimm se rapproche de celle de Herder dans la mesure où ils estiment que le conte est profondément vrai mais ils lui donnent une origine divine donc une vérité absolue alors que pour Herder sa vérité n'existe que dans un cadre culturel donné.

Leur travail de collecte aboutira à la publication de deux ouvrages - "Les contes de l'enfant et du foyer" et "Légendes allemandes".

 

2) "Les contes de l'enfant et du foyer" (parus entre 1812 et 1822) est un ouvrage majeur car il marque l'entrée du conte populaire dans le champ de l'investigation scientifique, institue les règles de base de manipulation du conte populaire -à savoir collecte et typologie- et détermine en grande partie la direction que prendront les recherches au 19ème siècle. Enfin, alors que dans le tradition le conte était destiné à toute la communauté, il devient, avec les frères Grimm, réservé  aux seuls enfants.

 

3)

Les Grimm ne bénéficient pas à l'époque de recueils antérieurs, donc tous les contes qu'ils mentionnent relèvent de la tradition orale. Cependant ils n'avaient pas le souci scrupuleux du respect du conte tel qu'il est dit; il leur arrivait de les réécrire ou de synthétiser plusieurs variantes en un seul récit. Mais cette réécriture a eu le mérite de faire admettre le conte à la fois comme divertissement et comme objet d'études.

 

4) L'origine des contes.

- Pour les Grimm la "poésie de nature" n'a pas d'auteur, elle est une révélation de la nature faite aux hommes. Tous les peuples connaissent la même révélation mais en font un récit correspondant à leur tempérament. Ceci explique la ressemblance des contes à travers le monde. L'origine et le fonctionnement de cette poésie de nature a donc une origine et un fonctionnement semblables aux organismes naturels.

- Les contes sont des survivances de mythes disparus. Cette hypothèse qui influencera les recherches folkloriques et ethnologiques du 19 è siècle repose sur les similitudes de structure entre mythe et conte.

 

C) La "filiation" des frères Grimm.

            Les recherches des Grimm ont donc initié une grande partie de ce qui s'est fait aux 19è et 20 è siècles; deux recherches sont à  retenir :

            + Les travaux de Johannes Bolte et Georg Polivka qui, en partant des contes des frères Grimm, découvrent un nombre extrêmement élevé de variantes à travers l'Europe, montrant ainsi que le nombre de schémas narratifs est relativement faible.

            + A la même époque,  Antti Aarne développe la notion de "conte type" et de variantes. A l'origine il distingue 550 contes-type; La typologie de Aarne et Thompson (1973) en distingue 2340.

 

                        CHAPITRE III : L'ACADEMIE CELTIQUE.

 

A) Avant le 18è siècle les croyances populaires sont rejetées et leur collecte n'est destinée qu'à montrer leur caractère négatif.

            + Les premières collectes seront le fait des théologiens protestants durant la Réforme, suivis de près par les catholiques, mais dans l'intention de stigmatiser les croyances hétérodoxes.

            + On trouvera au 16è siècle quelques lettrés intéressés par les croyances et coutumes de leur village; mais ils y verront en général une illustration des bizarreries de l'esprit humain.

 

B)  Il faut attendre 1804 et la création de "l'Académie Celtique" pour que les faits relevant du folklore soient étudiés pour eux mêmes. Elle veut faire l'histoire des enfants sans histoire. Comment se fait il que des hommes formés dans la philosophie des lumières s'intéressent à ces données ? Elles représentent pour eux la sagesse des anciens législateurs et ces croyances irrationnelles représentent un état passé conforme à la Raison.

 

D'autre part, l'académie celtique retient la thèse de la "survivance" et considère que des fragments de cette pensée ancienne se retrouve dans la société du 19è siècle; mais ces éléments ne sont pas d'origine gréco-romaine mais d'origine celtique.

Ce regain de l'origine celtique se fait en même temps qu'une volonté de revendication nationale

et celle ci explique également l'intérêt plus marqué pour les traditions populaires.

L'Académie Celtique sera donc à l'origine des premières collectes de traditions populaires.

 

C) Cependant ce qui a permis le démarrage de ces collectes constituera également un obstacle ultérieur à l'essor du folklore. L'Académie Celtique fait paraitre son dernier ouvrage en 1812 puis certain de ses membres créent en 1814 la " Société Royale des Antiquaires de France".

 La collecte de traditions populaires n'était pensable que si ces traditions constituaient autant "d'archaïsmes"; ce mépris sera donc un obstacle à une prise en compte de l'irrationnel des traditions populaires dans la société présente.

  A partir de 1815 le reflux de la mode celtisante entraine un désintérêt pour le folklore; il faut attendre 1880 pour que de nouveaux travaux d'importance fassent avancer la recherche.

 

D) Les tentatives de l'Académie Celtique ne sont pas isolées. Chaptal, ministre de l'intérieur en 1800, avait demandé aux préfets de faire référence aux coutumes locales. Cette attitude contraste avec la volonté d'éliminer les particularités locales, et notamment les patois, sous la Révolution. On peut expliquer ce changement d'attitude par le fait que les traditions populaires peuvent constituer des "monuments", de traces du passé du pays. Vers la fin du 19è siècle ce terme de monument laisse la place à  celui de "survivance" qui constituera une des armatures de la recherche folklorique.

 

E) On va donc voir émerger peu à peu l'identité du folklore : toute connaissance de l'humain suppose une mise à distance de celui ci, les traditions populaires ne pouvaient à l'origine que faire l'objet d'un jugement négatif. En faire des survivances c'est faire une mise à distance dans le temps, ce qui permet d'établir un jugement de réalité sur l'objet étudié et ce qui permet de distinguer le folklore de l'ethnologie qui est une mise à distance dans l'espace. Cette mise à distance favorisera l'accumulation de savoirs possibles.

            L'objectif premier était de connaitre les origines des peuples et de leurs croyances, or cette recherche est l'objet des mythes. Donc on retrouve dans ces matériaux folkloriques des traces de mythes anciens.

             Les rapports entre folklore et histoire ont été longtemps marqués par deux positions extrêmes : pour la majorité des folkloristes du 19è siècle le folklore n'est qu'un domaine particulier de l'Histoire. A. Van Gennep conteste cette position car pour lui le folklore relève des sciences biologiques dans le sens où le folklore relève de l'actuel et se modifie constamment et non du seul passé. Ces deux positions ne sont pas tenables : Van Gennep ne peut jamais totalement écarter l'histoire de l'analyse des faits relevant du folklore. A l'inverse on ne peut pas tenir les faits de folklore comme de simples survivances. Ils ont besoin pour subsister de garder un caractère fonctionnel à l'égard de la société.

 

CHAPITRE IV : LA MYTHOLOGIE INEVITABLE - FRIEDRICH MAX MÜLLER .

 La découverte des Védas indiens laisse entrevoir aux savants de l'époque la possibilité de découvrir l'origine des mythes et de la civilisation indo-européenne et va donner une place centrale à la philologie.                     

A ) Pour Müller la mythologie peut être comprise à l'aide de la philologie. Le mythe est une "maladie du langage" et se développe chaque fois qu'un mot, après avoir été employé métaphoriquement, est employé sans qu'on ait une conception claire des degrés par lesquels il est passé du sens originel à son sens métaphorique. Cela peut passer par deux processus métaphoriques :

 + La métaphore radicale permet de former des noms par transposition de l'idée fondamentale formée par la racine sur d'autres objets.

+ La métaphore poétique transpose le nom déjà formé et attaché à un objet ou une idée sur un autre objet ou une autre idée. (les rayons du soleil sont appelés doigts du soleil).

On peut donc concevoir le langage comme suivant des lois de formation indépendante des hommes mais les hommes y ont leur part et la mythologie va être développée et arrangée par les poètes.

Cependant cette thèse souffre de la fragilité des étymologies de Müller.

B) La thèse des mythes solaires.

L'étonnement des hommes devant les phénomènes naturels réguliers, et notamment les phénomènes solaires aurait été à l'origine de la formation des mythes, thèse très discutable.

 

CHAPITRE V : L'ECOLE ANTHROPOLOGIQUE ANGLAISE

ET LA THEORIE DES SURVIVANCES.

Son principal représentant est Andrew Lang (1844 - 1912); son schéma d'explication tient du "transformisme" de Darwin et du travail de Tylor. Il critique l'approche philologique de Müller dans la mesure où elle n'explique guère la présence des éléments irrationnels du mythe et surtout parceque les dérives à partir de la langue aryenne ne peut expliquer la présence de mythes similaires dans des sociétés aussi éloignées que les esquimaux ou les Bochimans.

L'élément irrationnel du mythe doit être compris comme une survivance d'une explication ancienne de phénomènes; le fait que ces mythes se développent dans "l'enfance des peuples" expliquerait qu'on retrouve les mêmes mythes dans des peuples différents. Lang retrouve ainsi les idées de Fontenelle.

 

Les travaux de Saint-yves sur les contes de Perrault constituent une application de ces thèses anthropologiques: pour Saint-yves ces contes viennent d'usages et de coutumes autrefois universels qui ne se retrouvent plus que chez les primitifs.

Un premier groupe de contes sont des récits saisonniers : la belle au bois dormant, peau d'âne, le petit chaperon rouge.

Un deuxième groupe est constitué de souvenirs de rites d'initiation : le petit poucet, barbe bleue, riquet à la houppe, le chat botté.

Cependant Saint-yves se refuse à voir que les contes ont un sens et une fonction dans les sociétés actuelles.

Frazer développe un travail comparable dans le "rameau d'or".

 

En cette fin de 19è siècle, la science de la mythologie oscille entre deux dangers : une interprétation hyper rationaliste ne laissant aucune place au sens du mythe ou une plongée totale dans l'objet d'étude où l'analyse du mythe n'est à la limite que l'élaboration d'un nouveau mythe.

 

CONCLUSION : DE LA NATURE DU FOLKLORE.

Jusqu'à la fin du 19è siècle on peut dégager deux familles d'analyse.

Pour De Fontenelle, l'académie celtique et l'école anthropologique c'est bien l'homme qui est à l'origine du mythe mais l'homme à un stade précoce de son développement. Ces théories rationalistes gardent toujours quelque réticence à l'égard du contenu du mythe.

Pour l'école romantique des frères Grimm et de Max Müller les mythes ne sont pas crées par l'homme mais trouvent leur origine soit dans le divin soit sans le langage. On rejoint des perspectives freudiennes dans lesquelles le contenu du mythe émerge de l'inconscient et se développe plus ou moins suivant l'état de la répression sociale. Pour Rank et Sachs le conte est la dernière forme sous laquelle la production mythique est encore supportable pour le civilisé adulte.

           

  Ce que n'ont pas vu les théoriciens du 19è siècle, notamment à cause de la théorie de la survivance, c'est que le conte n'est pas une forme dégradée du mythe. Même s'il utilise les mêmes matériaux que celui ci, il les agence selon d'autres règles. De plus , le conte subit une censure sociale plus forte que le mythe mais ne donne pas la même impression d'étrangeté dans la mesure où ses conventions de départ font que son contenu ne peut pas être vrai.

 

tous ceux qui se sont penchés sur le mythe, de De Fontenelle à Freud, ont rejeté le mythe dans un passé lointain et fait de celui ci une survivance. Il y a deux explications à cela :

            + D'une part, il y a le désir non conscient de rejeter ces "archaïsmes" le plus loin possible d'eux mêmes. On peut ainsi aborder les contenus du mythe sans crainte puisque nous en sommes les héritiers et non les auteurs.
            + D'autre part cette tendance est du au fait que le mythe est en général un discours sur les origines.

 

Dans une optique psychanalytique, les contes et mythes seraient les résidus déformés des phantasmes de désirs de peuples entiers; ils tiendraient au niveau collectif un rôle équivalent à celui des rêves au niveau individuel. Cette hypothèse permettrait d'apporter des explications à deux caractéristiques des mythes que sont leur permanence et leur opacité.

 

L'objectif du folklore est alors de donner une traduction scientifique du savoir du peuple qui se dissimule à travers les contes et les traditions. Cependant le folklore a été l'objet d'un mépris grandissant au 20è siècle, probablement à cause de la montée de l'ethnologie qui commençait à s'imposer avec ses méthodes propres.

Pour Lévi-Strauss une société est soumise à la discontinuité culturelle de trois façons différentes : si la discontinuité (ou l'éloignement) a lieu dans le temps (c'est le fait de l'Histoire), dans l'espace (connaissance des autres sociétés de même type que la nôtre), soit dans l'espace et dans le temps (c'est le fait de l'ethnologie).

Le folklore procède d'un autre type de discontinuité où une société prend conscience de l'autre dès lors qu'un groupe social ne partage pas les valeurs du groupe dominant. Ainsi des sociétés homogènes comme les sociétés traditionnelles ne peuvent pas connaitre cette idée de folklore. Le folklore ne peut alors naitre que d'une projection dans l'histoire de pratiques actuelles jugées inacceptables. On comprend d'autant mieux que le folklore se soit développé au moment où l'Europe est soumise à la poussée des nationalismes. Quand une société passe d'une légitimité monarchique à une légitimité nationale il a besoin de trouver des éléments fondateurs; elle les trouve dans les traditions et éventuellement, n'hésite pas à les fabriquer.

            Le folklore se trouve dès l'origine confronté au problème du vrai et du falsifié : les premiers intérêts pour les données folkloriques démarrent avec le faux d'Ossian, les folkloristes du 19è siècle ont tendance à occulter des traditions jugées scandaleuses ou à traduire les contes dans une langue plus acceptable; de même au 20è siècle, les fêtes folkloriques sont des re-créations.

            La place du folklore semble se trouver à la jonction de l'ethnologie, de l'histoire et de la mythologie.

 

 

 

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